Une Nation Traumatisée

«La Tunisie n’est pas en sécurité”; “la prochaine attaque terroriste achèvera l’état Tunisien”: C’étaient les déclarations du président Béji Caïd Essebsi tout en annonçant l’état d’urgence. “Le président a délivré ces messages en guise de thérapie de choc pour la nation” ceci était l’explication donnée par Moez Sinaoui, le conseiller présidentiel en communication.

Mais est-ce que notre président, et son staff de communication, avaient bien calculé les effets psychologiques de ces déclarations sur chaque citoyen tunisien qui les a entendu? Je pose cette question parce que ce qui a été dit, compte tenu du message et de son dispensateur, était très dangereux et pourrait affecter le quotidien de tout un peuple, en ayant des réactions opposées à celles prévues. Ce discours a été marqué par deux caractéristiques qu’on ne peut ignorer: une communication appuyée sur les directives et des propos alarmistes, conduisant à des changements de comportement involontaires. Mon attention porte, pour le moment, sur la deuxième caractéristique, car la première nécessitera beaucoup plus d’encre.

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Ce n’est un secret pour personne: la plus grande préoccupation de tout tunisien, quelle que soient sa classe sociale ou son orientation politique, n’est autre que la menace, chacun d’entre nous est effrayé à l’idée de se réveiller sur les nouvelles d’une autre attaque qui fera couler plus de sang. Nous passons notre temps à nous poser cette question dans l’espoir d’une réponse: Comment un pays comme la Tunisie, à l’histoire si pacifique, qui n’a jamais eu affaire à la violence et qui est si léthargique face au changement, pourra affronter  ce que nous avons toujours pensé être un phénomène étranger lié au pétrole et à l’extrémisme religieux.

En tant qu’êtres humains, nous développons des instincts  survie et des mécanismes de défense pour nous protéger de tout ce qui menace nos vies ou notre façon de vivre.

Après le 9/11, des chercheurs de Harvard et d’Oxford, ont inventé le terme «Saillance de Mortalité» comme étant la façon avec laquelle les gens s’adaptent aux menaces terroristes et à la surexposition à des pensées ou des images liées à la mort. Il a été démontré que les images relayées par les médias lors de  la couverture des actes  terroristes, produisent un effet de saillance de mortalité.

Dans les deux dernières années, les attaques terroristes en Tunisie se sont intensifiées remarquablement, entrainant ainsi une augmentation accrue du nombre de victimes, et la potentialisation de l’exposition quotidienne aux images de violence, aux  menaces, et maintenant à l’état d’urgence. La plupart des Tunisiens ont réagi comme toutes les nations dont la vie et le modèle de société sont menacés, avec  de la colère, de l’incertitude et un sentiment d’impuissance, qui viennent s’ajouter à une montée du patriotisme et d’un appel à l’unité nationale. Cela est tout ce qu’il y a de plus naturel, car sous l’effet de saillance de mortalité, on est plus fiers et on s’identifie plus à son pays, à sa religion, à son  sexe, à sa race, etc……

Ceci n’empêche que la saillance de mortalité peut conduire à une potentialisation du soutien à l’extrémisme quand celui-ci est lié à l’identité du groupe. Les exemples récents de jeunes tunisiens exprimant leur sympathie et leur soutien aux auteurs des attentats de Sousse ou du Bardo, sont le résultat de la saillance  de mortalité, en plus de la surexposition aux nouvelles et images de terrorisme dans les médias. Les recherches ont démontré que la saillance  de mortalité induit des réactions brutales envers ceux qui sont perçus comme enfreindre les règles ou ceux qui ne se conforment pas aux standards d’une communauté donnée.

Ainsi, la saillance de mortalité créé par la couverture médiatique du terrorisme peut potentialiser la sympathie et le soutien pour le gouvernement, tout en haussant le degré d’hostilité envers les ennemis supposés du pays; mais en même temps elle peut faire proliférer, chez certains, la sympathie  “cachée” envers les terroristes, en leur fournissant de futures recrues faciles.

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Bien que les populations aient tendance à bien gérer les menaces terroristes en cours, la couverture médiatique est souvent un facteur de déstabilisation qui s’ajoute à la sauce. L’attention des médias amplifie à la fois la fréquence et la sévérité des attaques terroristes, laissant planer une croyance que la situation est pire que ce qu’elle est réellement: c’est exactement ce que nous avons vécu depuis les attentats du Bardo et de Sousse.

La couverture médiatique intense, et parfois irresponsable,  peut avoir une certaine incidence préjudiciable sur des adultes ou des enfants fragiles, qui sont exposés à des problèmes psychologiques graves suite à une longue exposition aux images de terreurs. Les enfants ont souvent du mal à dormir, souffrent de cauchemars, de problèmes d’anxiété ou de dépression. Les adultes souffrent de stress au travail et dans leurs relations quotidiennes, conduisant à une baisse de productivité et une hostilité accrue.

Aujourd’hui en Tunisie, une formation en communication,  en journalisme responsable, et en gestion de crise pour les responsables politiques et tous ceux qui s’invitent chez nous, dans nos salons et nos voitures; est devenue  une nécessité et non un luxe.

TUNISIA – A COUNTRY PSYCHOLOGICALLY TRAUMATIZED

“Tunisia is not safe” and “the next terrorist attack and our country will be finished”. These were statements by President Beji Caid Essebsi while announcing a state of emergency. The president was sending a “shock therapy” message to the nation was the explanation given by Moez Sinaoui, his top communications adviser.

What psychological effects did these statements by the commander and chief have on us Tunisian citizens? I ask this question because what was said , considering the message and the deliverer,  was very dangerous not only on the psyche of a fragile nation but also on its ability to defend itself.

In those spoken words were two strong messages that cannot be disregarded: a dictating style of communications long thought gone, and fear mongering. My focus for the moment is the latter, as the first one requires much more ink and time.

Ask any Tunisian today about his biggest concern and you will find that it is fear, and more specifically of terrorism. Tunisians up and down the socioeconomic ladder and of all political affiliations are exposed every awaken moment to news of terrorism threats, more attacks, and death related to terrorism. How should a nation like Tunisia, passive in its ways, unprepared for violence, and lethargic in implementing change, deal with what always was thought a foreign phenomenon related to oil, religion, and country grabbing.

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Exposure to violence, terrorism threats, insecurity have major negative psychological repercussions on a nation discovering what it means to be unsafe for the first time.

Are we aware of short and long terms effects of such media exposure? Do our journalists understand at which point their reports contribute to the mental health of a nation? Are media aware of the psychological dangers and social and class divisions as a result of uneven reports?

Researchers at Harvard and Oxford Universities, dealing with psychological syndromes post 9/11 and 7/7 terrorist attacks coined the term “mortality Salience” as the way with which people adapt to terrorist threats and overexposure to death-related thoughts or imagery. The images of death, dying and killing, which are inherent in most media coverage of terrorism, produce a mortality salience effect.

In the last two years, terrorist attacks in Tunisia have increased, and with them the number of casualties and daily exposure to violence, violence imagery, threats, and now state of emergencies. Most Tunisians have reacted like any others whose lives and model of society is being threatened, with anger, uncertainty, and helplessness, but also an increase in nationalism, patriotism and a call for unity. This is natural as Mortality salience can lead to an increase in identification with and pride in one’s country, religion, gender, race, etc.

Remarkably, mortality salience can lead to an increase in support for extremism when it is linked to group identity. Two recent examples of young Tunisians expressing sympathy and support for the Sousse or Bardo killers are the result of mortality salience and over exposure to terrorism in media. Also, individuals experience exaggerated tendencies to stereotype and reject those who are different from themselves. Research has demonstrated that mortality salience produces especially harsh reactions to those who are seen to be breaking the rules.

Thus, the mortality salience created by the coverage of terrorism can be expected to lead to an increase in sympathy and support for the government, thus, an increased hostility toward the country’s perceived enemies; while at the same time to augmented “hidden” sympathy to the terrorists themselves, providing them with easy future recruits.

While populations tend to cope fairly well with ongoing terrorist threats, media coverage often adds a destabilizing factor to the mix. Media attention certainly fosters a widespread belief that terrorist attacks are both more common and more dangerous than is actually the case, a case we have experienced after the Bardo and Sousse attacks.

Intense, and sometimes irresponsible, media coverage by itself can have some damaging impact with some adults and children appearing to suffer serious psychological problems as a result of long exposure to media coverage of terrorist attacks. Children often had trouble sleeping, suffer from nightmares, anxiety problems or depression. Adults can become stressed at work and in daily relationships, leading to decreased productivity at work, and increased hostility.

I am more than certain that communications training, responsible journalism, empathy and crisis management is a necessity not a luxury today in Tunisia and should be considered in any public or private institution’s strategy in dealing with this new chapter that is sadly not going away any time soon.

Terrorisme – Ce que nous devons faire

Historiquement, les gens se sont orientés vers le terrorisme lorsqu’ils s’inscrivaient dans une certaine dynamique de lutte contre ce qu’ils percevaient comme injustice socio-économique, politique ou historique. Les exemples sont multiples: Les Sionistes qui ont bombardé des cibles britanniques dans les années 1930, estimaient qu’ils devaient le faire dans le but de créer un Etat juif. La déclaration de guerre publiée par Oussama ben Laden contre les intérêts américains dans les années 1990, découlait de sa conviction que les troupes américaines en Arabie Saoudite représentaient une abomination pour le modèle d’Etat islamique qu’il croyait devoir exister dans la péninsule arabe.

Un terroriste trouve toujours de «bonnes raisons» pour effrayer, tuer et mutiler au nom d’un dieu, d’un pays, d’une idéologie ou d’une ethnicité. Peu importe les raisons, les outils ou les acteurs, le résultat final est toujours le même: la mort et la destruction.

De nombreux experts antiterroristes ont échoué à trouver des solutions pour traiter les causes  d’ordre micro ou macro, car ils ne se posaient pas les bonnes questions, tout comme beaucoup de nos «experts» en Tunisie aujourd’hui. Le problème c’est qu’au lieu de se concentrer sur «ce qui provoque le terrorisme”, on devrait se pencher sur “quelles sont les conditions dans lesquelles le terrorisme prolifère”,  la réponse à cette dernière question permettrait de retracer les traits psychologiques des individus et les conditions dans lesquelles ils évoluent.

En appliquant cela au contexte tunisien, nous nous rendrons compte que la Tunisie après 2011 est un territoire fertile idéal. De larges franges de jeunes Tunisiens se sentent marginalisés, privés de possibilités d’emploi ou d’un engagement politique et sociétal significatif, et déçus par un leadership politique froid et déconnecté, ayant lamentablement échoué à galvaniser cette jeunesse frustrée. Ces mêmes jeunes sont devenus des proies faciles pour un endoctrinement religieux sauvage, en l’absence d’un système éducatif efficace et de toutes perspectives d’un ascenseur socio-économique en marche.

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Seifeddine Rezgui a sans aucun doute subi un lavage de cerveau, pour être victime  de ce que les psychologues appellent “La dynamique de pensée de groupe”. Ainsi, plutôt que d’explorer la psychologie et les circonstances de Seifeddine Rezgui, nous devrons nous intéresser à comment lui et ses semblables fonctionnent par rapport à l’autre, et le rôle de l’identité du groupe comme instigatrice de violence terroriste.

Freud, le parrain de la psychologie comportementale suggérait que les groupes offraient aux individus la possibilité de satisfaire à la fois les instincts humains (connexion d’appartenance & tendance de destruction), en développant des liens étroits avec les membres du groupe, et témoignant de son l’hostilité aux étrangers. En d’autres termes, Seifeddine a trouvé un refuge sûr et une connexion au sein du groupe terroriste, son sentiment d’appartenance était le sens qu’il a donné à sa vie. Il avait subordonné son identité individuelle à l’identité collective du groupe auquel il appartenait. La lutte du groupe, celle du “bien contre le mal” est devenue son combat, satisfaisant ainsi les deux instincts que Freud avait décrits. Il était alors facile de le convaincre que tout acte de terreur contre ceux à l’extérieur de son groupe était une guerre sainte nécessaire à mener contre un ennemi à neutraliser et détruire.

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Rester dans le déni, n’arrangera nullement la situation. la Tunisie manque affreusement  de la technologie et de l’expérience dont disposent autres pays, qui ont dans leur actif des années de lutte contre le terrorisme, c’est pour cela que la Tunisie a besoin d’adopter une autre approche plus compatible avec sa réalité: Rebâtir des liens plus solides entre citoyens et gouvernement, regagner la confiance de cette jeunesse oubliée. Ces efforts peuvent réduire la tendance d’un individu, camouflé dans des collectivités locales en difficultés,  à s’engager dans un extrémisme violent. Surmonter ce fossé intergénérationnel et inter-social ne sera certainement pas une tâche facile, cela nécessiterait de la prévoyance, de l’empathie, une vision claire, un leadership solide, une capacité d’écoute et de compréhension, et surtout la volonté et le sacrifice d’une élite auto-absorbée dans sa propre douleur.

BCE – Discours d’investiture – a-t-il marqué?

Certains diront, et ils auraient probablement raison, que le discours d’investiture de BCE était loin d’être  le meilleur discours qu’il ait pu donner.

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En essayant d’analyser la dernière allocution de BCE, et en partant des principes de base de rédaction de discours et de communication politiques  tout en gardant à l’esprit le contexte d’un tel événement, nous pourrons relever les points suivants:

  1. En termes decontenu: BCE a commencé son allocution avec des messages forts, marqués de clarté et de simplicité. Ceci est une bonne leçon pour les rédacteurs de discours amateurs qui tentent d’en dire trop et finissent par ne rien dire. Cependant, BCE manquait de maîtrise, il semblait lutter avec le texte préparé, et cela a bien amoché la cohérence du message véhiculé. Il parait  bien évident que Mr le Président ne s’est pas assez imprégné de son discours, ou alors il avait très peu de temps pour répéter ce qui était destiné être son discours le plus célèbre.
  2. BCE a prononcé un discours équilibré, en prenant le soin d’insister sur des points clés. Il s’est adressé aussi bien à ses amis qu’à ses ennemis. Il a excellé en remerciant les femmes dans leur rôle actif. Il a fait honneur à son statut en remerciant ceux qui ont voté pour son adversaire, en reconnaissant ceux dont les vies ont été prises trop tôt par ceux qui haïssaient la paix et en offrant un rameau d’olivier à ceux dont les idéologies pourrait être différentes de la sienne tout en assurant que leur soutien est indispensable pour l’avancement du pays. Il a assuré à ses partisans ainsi qu’à ses détracteurs, qu’il serait le président de tous les Tunisiens, et que l’unité nationale serait la carte gagnante pour mener la Tunisie à bon port.
  3. Citations percutantes et mémorables: C’est une marque de fabrique des discours de BCE qui a bien fait défaut cette fois. Dans son discours, BCE n’a pas mis l’accent sur les challenges qui nous guettent ni sur le manque de confiance qui sape le moral des Tunisiens. Il n’a fait aucune référence et n’a donné aucune assurance aux jeunes désespérés, ni à ceux qui peinent sous le seuil de la pauvreté, et qui sont devenus des pions politiques. En somme, ce speech manquait de “coup de poing” et d’appel à l’action, il manquait de l’esprit du “ask not what your country can do for you…” ou, “I have a dream”, ou encore “yes we can”. Je cherchais en vain un leader qui donnerait de la force à une époque troublée et de la sagesse à un avenir inconnu. Au lieu de cela, je n’ai entendu que des mots et des pensées non coordonnés, émanant d’un homme âgé peinant à garder sa lucidité, ce qui m’a remis à l’esprit les doutes émis pendant la campagne concernant sa fragilité physique. Néanmoins, j’étais rassuré par ses bonnes intentions et son désir du mieux de ce qu’il peut.
  4. Elaborer les contrastes et transporter les auditeurs: c’est là où BCE n’a pas assuré. Il a omis de nous peindre une image du pays que nous avons tous souhaité avoir, la Tunisie unie, pacifique harmonieuse, et autonome, où les rêves peuvent devenir réalité pour tous ses citoyens, contrairement à celle où nous avions vécu pendant les 4 dernières années , où beaucoup de ces rêves semblaient se dissiper et se faner. Le discours du président n’a pas réussi à nous inspirer ni à nous motiver pour que chacun de son côté fasse de son mieux pour transformer ce pays. Durant la campagne, BCE n’a cessé d’emprunter l’image de Bourguiba, mais à la 1ère épreuve à “statut” égal, Béji a montré qu’il lui reste du chemin pour devenir un Bourguiba.

Sur la prestation et la performance technique, je crois que BCE a échoué dans cet événement historique mémorable. Il était très mal à l’aise avec la “mise en scène”, ce serait peut-être à cause de la maladie, du froid, ou encore d’un long parcours de campagne électorale épuisante, mais le fait est que tout ce qui a caractérisé les discours de BCE au cours des 2 dernières années, manquait à sa 1ère allocution en tant que président. Nous sommes restés sur notre faim, car nous attendions le Béji éloquent, fort, spontané, charismatique, aux yeux perçants, le maître de la parole tranchante qui vous fait languir pour ses discours interminables Il est clair que BCE se sent plus dans son élément lorsqu’il est en  free-lance, c’est là qu’il peut parfumer sa prestation avec des anecdotes et des versets coraniques, quoique souvent hors contexte.

https://lotfisaibi.wordpress.com/2015/01/01/beji-caid-essebsi-speech-writing-and-communication-lessons/

Beji Caid Essebsi – speech writing and communication lessons

Some will argue that BCE’s speech in front of the ARP to be officially named as president of Tunisia was not his most electric speech, that it was a far cry from what was expected, or that it failed to deliver on unreasonably high expectations, and they might be correct.

If we want to apply basic speech writing and political messaging principles to BCE’s speech and also keeping in mind the context of such an event, we come up with the following points:

  1. In terms of the speech contents, he started strong with a simple yet clear speech outline. This is a good lesson for amateur speech writers who try to say too much and end up saying nothing. However, BCE did not appear strong and in control. He appeared to be struggling with the prepared text, and this took away from the coherence of the message being conveyed. It is quite evident that he either did not prepare the speech, or that he had spent very little time rehearsing what might possibly be his most famous speech.
  2. He delivered a balanced speech by reminding us of key points. In this he addressed friend and foe. He excelled by thanking the women in their active role, was equal to the task in thanking those who voted for his opponent, acknowledging those whose lives were taken too soon by peace haters and by offering an olive branch to those whose ideologies might be different than his, but whose support is needed to move this country forward. He assured his fans and detractors that he would be everyone’s president and that national unity is needed to complete this journey.
  3. Impactful and memorable lines – usually a specialty of his, was missing in this speech. The speech lacked emphasis on the realities facing us, on the sagging morale and lack of confidence, and made no reference and gave no assurances to the desperately young and the very poor who have become political pawns. It lacked the knockout punch and call to action, like “ask not what your country can do for you…” or, “I have a dream”, or “yes we can”. I was looking for a leader that would provide strength in a troubled time and wisdom in unchartered future. Instead, what I heard were words, and uncoordinated thoughts of an elderly man struggling to speak lucidly. I was left with more consternation for his physical abilities, but somewhat assured by his good intentions and the desire to do the right thing.
  4. Where this speech failed in seizing an opportunity is by amplifying words by drawing contrasts between the past and the present. A good example would be MLK’s “I have a dream speech”. Interestingly, a tactic that came naturally to BCE during his campaign tour.

On the delivery and technical performance I believe that BCE failed in this momentous historical event. He was very much uncomfortable with the setting and perhaps for good reason: illness, cold weather, old age, and long exhausting schedule. Everything we have grown to expect from him in his speeches during the last 2 years was missing and that is because he is most comfortable when he free-lances by mixing a few anecdotes and Koranic verses, often out of context. He lacked his eloquence, strength, spontaneity, charisma, cadence, piercing eyes, and sharpness that made you wish for endless speeches. In this he convinced me that he is no Habib Bourguiba.

Démocratie-start-up, dites-vous? oui, mais

Comment peut-on parler de démocratie-start-up en ignorant les bases premières qui font le succès d’une start-up? Il parait que cette question n’a pas été suffisamment discutée par les personnes en charge de ce dossier. Sommes-nous sûrs, d’avoir identifié le bon ‘’ business model’’ en prenant en compte la Tunisie post-révolution? Avons-nous identifié les composantes de l’écosystème et, en particulier, les pièces fragilisées qu’il va falloir réparer ou remplacer? Rien n’est moins sûr.

Investir-en-Tunisie-start-up-democracy

Traiter séparément chacune des pièces défaillantes du système, c’est ignorer la réalité et l’histoire du comment et du pourquoi qui ont fait que nous sommes ici, logés à cette enseigne.   Laisser les choses  comme si de rien n’était, revient à panser nos  plaies ouvertes en espérant calmer nos douleurs. Mettre tous nos malheurs sur le compte du soi-disant échec d’une révolution, ou sur le dos d’un trop-plein de leaders incompétents,  serait une conduite irresponsable envers  la réalité d’une société bel et bien souffrante. Il nous faudra affronter courageusement le fait que notre écosystème stagne et que notre balance commercial soit inversée pour espérer un jour sortir de cette boucle infernale qui nous tire vers l’échec. Nous n’avons besoin ni de plus ni de mieux du même,   nous avons besoin d’un nouveau système par lequel et dans lequel tous les actionnaires peuvent bien profiter et prospérer.

Ce gouvernement bénéficie, à première vue, du fait qu’il est largement constitué de personnes qui ont réussi dans le secteur privé, il est censé de même avoir tiré les bonnes leçons des erreurs commises par ses prédécesseurs, il devrait être capable d’innover et, en cas de nécessité, certains le diront, retro-innover (reverse innovate) de nouveaux ‘business models’ pour une traiter une économie enlisée au stade de point mort.

Considérons alors quelques problématiques clés qui doivent être analysées alors que nous nous embarquons dans ce ‘’Business model’’ de démocratie –start-up:

  1. Quelles valeurs ajoutées, ces (22) projets vont-ils créer à moyen et longs termes? Pourront-ils améliorer notre niveau de vie? Vont-ils nous donner de nouvelles options, ou simplement nous servir d’alternatives? En gardant à l’esprit que le citoyen moyen pense le plus probablement aux réseaux routiers, aux hôpitaux et aux équipements médicaux, aux systèmes d’énergies renouvelables, aux filières  alimentaires alternatives, aux écoles et autres nécessités quotidiennes, quels impacts ces projets auraient-ils sur ce citoyen, et seraient-ils vraiment réalisés?
  2. A qui profiteraient ces projets? La réponse est simple: cela dépendra s’ils sont des initiatives strictement privées ou des projets réalisés en mode ‘’ responsabilité sociale’’.  Dans le premier cas, les projets sont destinés à maximiser les profits et à servir en tant que rampes de lancement pour des multinationales cherchant à retro-innover pour se maintenir à flot. Ce type de projets n’est pas destiné à servir le public, qui y est  ciblé juste en tant que client-payeur. Dans le deuxième cas, les projets ont un objectif socioéconomique et viseront à maximiser les taux de réalisation des buts assignés comme l’accès  des zones rurales aux soins et à l’éducation de base, l’accès aux technologies et notamment à l’ internet pour tous, au transport public gratuit…
  3. Ces nouvelles initiatives apporteraient-elles des solutions différentes de celles existantes? Comment pourrait-on s’assurer qu’elles ne succomberont pas au même sort que les autres? Leurs études ont-elles été réalisées par ce gouvernement, ceux qui l’ont précédé Ou par des ONG? Saurait-on, par exemple, pourquoi certaines; sinon la plupart; des initiatives gérées par le gouvernement ont-elles échoué? Connaitrait-on, au moins, le rôle joué par le leadership politique dans le succès ou l’échec de ces projets technologiques inducteurs de transformations? A-t-on documenté, inventorié les erreurs, les négligences, les mauvaises comme  les bonnes pratiques, des initiatives similaires précédentes que ce soit chez nous ou chez les autres?
  4. De quelles ressources ces projets auront-ils besoin pour atteindre les objectifs escomptés? A-t-on réellement pensé au scenario du changement du leadership politique? A-t-on aujourd’hui, ou va-t-on former demain, les agents, cadres opérationnels et stratégiques nécessaires pour réaliser ces projets? A-t-on aujourd’hui, ou va-t-on acquérir demain, la logistique nécessaire pour assurer la fabrication, le transport et la livraison des biens et services qui en résulteront? Si ces projets réaliseront leurs potentiels, a-t-on pensé à adapter l’offre énergétique, y compris renouvelable, à la demande qui serait, bien sûr, bien plus importante? Avons-nous un plan de formation pour préparer les nouvelles générations d’ingénieurs, d’enseignants et d’ouvriers pour pouvoir conduire et réaliser  ces projets et surtout apprendre et s’améliorer pour lancer de nouvelles initiatives encore plus ambitieuses?  Avons-nous les experts en environnement pour pouvoir faire face aux impacts que ces projets ne manqueraient pas d’occasionner au milieu naturel?
  5. Quel type de relations et d’interactions devrait être mis en place pour forcer le succès?

Pour réussir ces réalisations capitales, plusieurs acteurs doivent être en synergie et synchronisation avec la stratégie mise en place, après tout il s’agit bel et bien  de notre  ‘’start-up’’ national, peu importe ce que nous en pensons. Notre succès  exige l’alignement et la coordination entre les différents partenaires à savoir les syndicats, les associations socioprofessionnelles tels l’UGTT et l’UTICA, les ministères, l’administration et les institutions publiques ainsi que le secteur privé.

Le défi ne sera que plus dur à relever, si l’on prend en considération a politique politicienne qui règne au pays actuellement, tout comme la profonde césure qui traverse notre société.

Il est à espérer que ce gouvernement sortant, ait pensé à un mécanisme innovant qui mettra ces projets sur la bonne voie, à travers un modèle d’implémentation  facilement exécutable par d’autres. Ce sera  l’héritage qu’il aurait à montrer aux générations futures, en étant le gouvernement qui a pu mettre en place la première pierre dans l’édifice du projet Tunisien.

Cette démocratie-start-up devrait être la voie de sortie de la Tunisie vers le salut,  après quatre ans de pays-en-roue-libre. Mais ceci n’ira pas sans difficultés, sans révisions profondes des lois et réglementations existantes, et surtout sans une refonte totale des valeurs de la société.

 

Democracy Startup Business Model

Can we talk about a “democracy start up” when we are ignoring the very basis of what makes a startup successful. Has the right business model been identified encompassing post revolution Tunisia? Have we identified all the pieces comprising the ecosystem and especially the weakened components that need to be replaced?

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Treating each of the failing parts of the system separately is ignoring the reality and the history of how and why we got here in the first place. Leaving it as is would be nothing short of a series of bandages meant to make us temporarily forget the pain. Blaming all of our pains on a failed revolution or too many incompetent leaders is downright irresponsible and ignoring the reality of a society in pain.

Our ecosystem is stagnant and our exports are in reverse mode and what is needed isn’t more of the same but a system by which and in which all the stakeholders can thrive.  This government benefits from insight as they are composed largely of people who succeeded in the private sector, and from mistakes made by others before them; therefore they should be able to innovate, out of necessity, some might even argue, reverse-innovate new business models for an economy stuck in neutral.

Let’s look at some key issues to be studied as we embark on this democracy startup business model:

  1. What value do these projects create in the long term? Do they improve our lives, give us other options, or simply serve as an alternative? Keep in mind that the average citizen is probably thinking of existing roads, hospitals and medical equipment, renewable energy, other food alternatives, schools and other every day essential. What impact, social or economic will they have on us as a people and will that be realized?
  2. Who do these projects serve? The answer to this question is simple: it depends. If they are meant as strictly private initiatives or socially responsible ones. The former dictates that they would have to be profit maximizers, serving as a launching pad for MN corporations looking to reverse-innovate to stay afloat, and in which case they do not serve the public, rather target the public strictly as a paying client; the latter would mean that they have a socio-economic purpose and would be considered as reach-maximizers such as more access to rural hospital and elementary schools, access to technology and available internet to all and free public transportation.
  3. What sets these initiatives apart from past initiatives and how can we ensure they will not succumb to the same fate? Have there been studies conducted, by this government or others before it, or NOGs, of why some if not most initiatives managed in part or fully by the government have failed? DO we know what role political leaderships play in the success or failure of such transformational technological projects? Have we documented all the missteps and the best practices of the past, ours and others like us?
  4. What resources will be needed for these projects to reach their desired objectives? Have we really thought about what would happen when leadership changes? Do we have now, or will later train, the necessary labor force to achieve these projects? Do we have now or de we acquire all logistics necessary to ensure the manufacturing, transport, and delivery of our goods and services? As these projects realize their potential, do we produce enough renewable energy to secure satisfying demand or have we thought of alternative ways? Have we a plan for preparing future generations of engineers, teachers, manual workers and environmentalists to care for residual effects of such an industrial revolution?
  5. What relationships have to be in place, created or improved for success? To take on such a momentous achievement, many stakeholders have to be in synch with the strategy in place. This is a national undertaking no matter how you look at it. It requires the alignment of the syndicates such as UGTT and UTICA, all the ministries and public administration institutions, as well as the private sector. At a time political partisanship and deep divide in our nation, this will prove to be a challenge for many.

I hope that the soon departing government has thought of an innovative mechanism to keep these projects on the right track through a working model that is easily executed by others once they are on the outside looking in as it will define their legacy.

This democracy startup might be what this country needs after three years of spinning idly, but it will not be without difficulties and revisions of existing laws and re-evaluation of values.

 

BUSINESS OR POLITICS – A QUESTION OF VALUES

Many today are asking the question of whether or not wealthy businessmen and women can make good politicians, and whether success running a business translates to success in politics.

History is full of examples of successful entrepreneurs turned politicians with various degrees of success; after all proponents argue who is better than a business owner to be a visionary, a strategist and goal driven?  Others believe that success in the market is not an automatic qualifier for public service because it is a far different undertaking with different purposes and different values. They argue that talent for developing private companies and making big profits seldom translates into wooing voters or governing in difficult times.

Politics on crossword

There is insufficient evidence for me to conclusively provide a solid position in this argument, but rather highlight some similarities and point out the contrasting values that are required on both sides.

The leadership qualities required in business and politics are nearly identical. After all, integrity, sincerity, courage, charisma, analytical skills, communication are not exclusive. Nevertheless, this is a question of values and principles embedded in each of these 2 types since probably early years and many are intrinsic to them and hard to change.

Values that lead businessmen to succeed in life are very different than those necessary in politics. A businessman can choose the field of battle based on his expertise, access to capital and market conditions. A politician has no choice but to deal with his constituents issues and their needs, which may differ from his, given the values and socioeconomic status that may separate them. A businessman can choose his employees, those who resemble him and share his ideals. No such luck for a politician. A politician’s stakeholders are neither customers nor employees; they are followers of their own free will, convinced of the values and the vision, the commitment and determination of the candidate.  A businessman is driven by profits and shareholder value. A politician’s values come from his belief that he can help people, improve their lives, keep services and the administration running, even in the absence of money.

The real question to ask in my opinion is why do some businessmen, after many successes in the private sector, venture into a very difficult public life, very much unlike what they are accustomed to, and requiring very different sets of skills.

Aside from the obvious answer of ego, one would have to wonder if these businessmen are running for office to gain access to seats of power and influence public policies. The danger in all of this is the weakness of institutions that hold politicians accountable to voters for not delivering on campaign promises.

When institutions that hold elected officials accountable to voters are strong—as is often the case in mature democracies—then the ability of businessmen to influence public policy is limited, and there is little incentive for businessmen to run for public office. In contrast, when these institutions are weak—as is typically the case in immature democracies like Tunisia—then there are gains to be made from holding public office, and businessmen may run for office to capture those gains for themselves or the parties they represent.

Une Démocratie aux Enchères

“Les hommes d’affaires sont-ils les bienvenus en politique?” Telle est la question en vogue ces temps-ci,  suffit-il de savoir gérer son entreprise pour garantir son succès dans la vie politique?

L’histoire regorge  d’exemples d’hommes et de femmes d’affaires qui ont réussi, à divers degrés de succès, leur  transition en politiciens. Nombreux sont ceux qui pensent que les “stars” du monde de business sont les mieux  équipés pour percer dans le monde de la politique, car ils sont généralement  des visionnaires et de fins stratèges qui savent comment accomplir les objectifs qu’ils se fixent.

Politics on crossword

D’autres persistent à croire que le succès au “marché” ne  qualifie pas automatiquement pour le service public  car il s’agit d’une “entreprise” totalement différente, avec des objectifs différents et des valeurs différentes, ils soutiennent que le talent qu’ont certains pour  développer des entreprises privées et faire de gros profits n’est pas exactement celui requis pour courtiser les électeurs ou gérer  leurs besoins.

Il est clair que les qualités de leadership requises pour un “businessmen” et un politicien sont presque identiques. Si on se veut protagoniste dans l’un de ces deux mondes,  l’intégrité, la sincérité, le courage, le charisme, les compétences d’analyse et de communication  sont des facteurs clés de réussite.

Ce n’est qu’en parlant des valeurs et des principes intrinsèques à chacun de ces deux terrains que le litige pointe son nez. En effet, les valeurs qui animent  un homme d’affaires pour  réussir  sa carrière n’ont rien à voir avec celles qui guident un politicien “digne de son titre”. Un homme d’affaires peut choisir son champ de bataille en fonction de son expertise, de son capital d’investissement ou des conditions du marché; un homme politique n’a pas ce luxe, il ne peut que faire face aux  problèmes et besoins de ses électeurs, qui diffèrent des siens, compte tenu du statut socio-économique qui les séparent. Un homme d’affaires peut choisir ses employés, ceux qui lui ressemblent et partagent ses idéaux; un politicien n’aura pas une telle chance car ses interlocuteurs ne seront ni  clients ni  employés; ils le suivront de leur propre gré, une fois qu’ils aient été convaincus par ses valeurs, sa vision, son engagement et sa détermination. Un homme d’affaires définit son succès par les profits et la valeur actionnariale; tandis qu’un politicien voit sa réussite dans sa capacité d’aider les gens, d’améliorer leur vie,  de maintenir des services et une administration efficace, même en l’absence d’argent.

En ce qui me concerne, je n’arrive pas à formuler une position solide dans ce débat, et au risque de décevoir certains, je trouve que la vraie question est ailleurs: Qu’est-ce qui motive certains hommes d’affaires à quitter leur domaine de prédilection, là où ils ont fait leurs preuves et leurs fortunes, pour s’aventurer dans une vie politique ingrate et truffées de terrains minés?
Mis à part la réponse évidente de l’ego, il faudrait se demander si ces hommes d’affaires ne se présentent au pouvoir que pour façonner des politiques publiques qui aident…les affaires. Le danger réel, à mon sens, n’est pas les hommes d’affaires convertis à la politique, mais c’est plutôt la faiblesse des institutions qui permettent de surveiller la fidélité des politiciens aux promesses de leurs campagnes et de délimiter leurs responsabilités devant leurs électeurs. Dans les démocraties solides et matures, ces instances de régulation et de surveillance sont fortes, elles permettent de garder à l’œil tout politicien; qu’il soit homme d’affaires ou pas,  afin de limiter ses chances d’influencer les politiques publiques dans un sens qui ne répond pas aux aspirations de ses électeurs. Ce qu’on note dans ces démocraties que les “businessmen” ne se bousculent pour accéder à l’arène politique. En revanche, lorsque ces institutions sont faibles, comme c’est généralement le cas dans les démocraties immatures telle que la Tunisie, servir le peuple peut s’avérer très lucratif, et personne ne peut blâmer ce peuple s’il remet en question les vraies intentions de ces hommes d’affaires ou des  partis qu’ils représentent.

si tout comme moi, vous êtes entrain de rêver

Si tout comme moi, vous avez passé trois années entre hauts et bas, si tout comme moi les turbulences économiques, les assassinats, les menaces terroristes vous ont déprimé et les jours de gloire ont ensoleillé votre vie d’espoir et de joie, alors vous seriez, tout comme moi, entrain d’attendre les élections d’Octobre et de Novembre avec impatience afin de retrouver une brise fraiche d’optimisme.
Vous seriez probablement entrain de rêver et de prier pour retrouver la perle rare, le chevalier à l’armure d’argent qui nous sauvera du haut de son cheval blanc. Vous seriez entrain de chercher la version tunisienne d’un dirigeant courageux, prêt à prendre le taureau par les cornes et apte de réunir à nouveau ce peuple martyrisé par une polarisation imposée. Vous seriez probablement à la recherche du prince charmant, celui qui fait appel aux citoyens, les écoute, et leur rappelle qu’ils sont la pierre angulaire d’une société civilisée … pas lui.
Vous seriez à la recherche d’un dirigeant intègre, ayant une puissante conscience et fierté professionnelle, un dirigeant qui serait là pour être le serviteur du peuple, et non pour être servi par le peuple. Vous seriez en quête d’un dirigeant avec des solutions aux problèmes difficiles auxquels nous sommes confrontés, un dirigeant qui pourrait restaurer notre foi en l’avenir, et être la lumière qui nous guide dans les jours à venir. Si vous êtes comme moi, vous êtes à la recherche d’un grand communicateur qui saurait parler au simple paysan et au bourgeois; quelqu’un qui est très respecté, redouté par nos ennemis et aimé par nos amis.
Bref, si vous êtes comme moi, vous êtes entrain de rêver….BETTER DAYS ARE COMING

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