UN APPEL AUX JEUNES DE LA TUNISIE

Pour mes amis les membres de Jeunes Democrates Tunisiens, ne devenons pas apathiques. Notre vrai tavail vient juste de commencer. Surmontons nos différences idéologiques, par le dialogue, et unissons nous. Beaucoup d’entre nous ont protesté et beaucoup d’entre nous ont été battus. Les cicatrices physiques et émotionnelles nous accompagneront pour toujours. Je vous demande, ce qui était notre principal objectif et pourquoi tant d’entre nous ont ete tués et blessés? Était-ce simplement pour se débarrasser de ZABA? Ou était-ce pour débarrasser notre pays de la corruption, le népotisme, et le museau qu’on a porté pendant tant d’années? peu importe le nom que cela portait. Si la réponse est oui, alors nous ne devrions pas nous reposer un seul moment. Ben Ali a peut-être quitté, mais tous les autres éléments constituant l’autocratie, la corruption et le manque de libertés de base sont toujours omniprésents. Les joueurs sont différents, mais le jeu et de leur plan sont les mêmes.
On pourrait seulement se pencher sur les initiatives prises par le gouvernement transitoire pour poursuivre les criminels et leurs profondes machines de corruption enracinés, pour remarquer le manque évident de transparence et de responsabilité. On a eu 55 ans de promesses non tenues. Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est l’action. Et nous voulons voir les résultats, pas seulement en entendre parler.

Je vous préviens que cette période de transition est très critique pour le peuple tunisien. Nous avons peut etre des ministres dont les mains sont moins sales, ou qui ont choisi de détourner leurs regards et de ne pas prendre la parole sous le régime de ZABA. Toutefois, ils ont de très puissants, bien gérées, bien financées et très averties forces de police travaillant dans l’ombre. Certains sont des milices, certains sont embauchés pour remuer des problèmes, et d’autres sont aptes à nous diviser. Ce sont eux qui nous ont torturé, volé, terrorisé, et possiblement tué nos proches.
Je vous conseille de vous organiser et de vous rallier derrière les intellectuellement plus matures d’entre vous. Je vous préviens de ne pas laisser baisser la garde et vaquer à vos occupations comme si de rien n’était. Faites entendre votre voix de manière passive. Lancez vous sur les ondes, et amenez les autres à l’aide. Créez des comités et des groupes de surveillance. Invitez des experts étrangers, et des ONG qui ont été témoins de transitions de régimes dans le passé. Demandez la transparence et les résultats (la preuve) de toutes les enquêtes dans le régime antérieur.

Il nous faut un gouvernement DU peuple PAR le peuple, et POUR le peuple.

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Comments

  • Samir Daoulette  On January 31, 2011 at 11:37 pm

    Merci Mr Saibi

    Je souscris entièrement à votre appel, et de dire “que cette période de transition est très critique”, non le danger est patent. J’en veux pour preuve, l’état de la quasi totalité des médias qui proclament à l’unisson que la révolution est terminée puisque Ben Ali est parti…

    Une pseudo démocratie, à la M6 ,Bouteflika, voire Mubarak, nous attend…

    Bien à vous

    Samir Daoulette

    • lotfi saibi  On February 16, 2011 at 8:44 am

      Si Samir. Je serais en retour a tunis tres bientot. Est ce que vous etes en tunisie ou ailleurs?
      L.S.

  • Aïcha DAR UMA  On February 1, 2011 at 6:11 pm

    Démarche démocratique contre volonté d’épuration

    On peut lire, sur Facebook, des appels à délation à propos des spoliations et mauvais traitements éventuels sur la population tunisienne. Un cabinet d’avocats en demande la diffusion, ce qui est pour le moins improductif en plus d’être choquant.

    Les tunisiens ont mis à terre un pouvoir qui ne respectait pas le droit, ce n’est pas pour agir eux-mêmes en dehors de toute règle de respect des droits fondamentaux de la personne.

    En effet, les tunisiens tiennent à juger dans leur pays leurs anciens dirigeants et leur famille. Ce voeu est compréhensible. Mais la méthode est précipitée et l’appel cité risque de donner la preuve aux mis en accusation d’un risque si élevé pour leur vie, qu’ils obtiendront la possibilité de voir étudier une demande d’asile.

    Les démarches judiciaires de M. Belhassen Trabelsi, puisqu’il s’agit de lui, seront effectivement longues. Il serait naïf de que cette personne ne fera pas les démarches de demande d’asile puis de recours en cas de refus.

    Au Canada, où il est établi, les textes nationaux et le geste politique ont permis de lui retirer théoriquement sa résidence, mais les textes transnationaux et la Convention de Genève pourront lui permettre de demeurer au Canada.

    En effet, pour lui refuser l’asile, il ne suffira pas d’une déclaration ministérielle pour assurer que ses droits fondamentaux seront assurés, il faut des textes législatifs.

    Bien sûr, la Tunisie a ratifié en 1988 la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, mais il faut la rendre effective tant l’ancien président l’a piétinée.

    Plus important encore, dans ces textes assurant le droit, il faut compter des lois qui empêcheront la Tunisie de prononcer la peine de mort qui n’est toujours pas abolie. Or dans le cas d’accusation de complot contre l’État, la peine de mort peut être prononcée (pour rappel, elle l’a effectivement été en 2008 par la Cour de cassation malgré le moratoire).

    Le statut de réfugié peut être accordé dans les cas de risque trop important dans le pays d’origine du requérant. Et si des agissements contraires au respect des droits de l’homme lui sont reprochés, le requérant peut quand même obtenir de rester dans le pays d’exil sans avoir le statut de réfugié; il ne le quittera que lorsque le pays d’origine aura fait les réformes adéquates pour assurer un procès équitable et lui éviter la peine de mort.

    Aussi, demander aux tunisiens de porter plainte en masse contre lui, en dehors de l’aspect choquant de la démarche de la part d’un avocat, ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de M. Belhassen Trabelsi et de ses avocats qui feront valoir l’énorme risque qu’il encourt.

    S’occuper de reconstruire son pays est la première priorité, le temps viendra pour juger son dictateur et sa famille.

    L’arsenal juridique est en refonte.

    La réaction d’épuration est un penchant qu’il faut éviter au nom de la démocratie tunisienne en construction, garantir le droit à ceux qui l’ont dénié est le premier signe de maturité démocratique. Comparaison n’est pas raison, mais de grandes révolutions se sont égarées de longues années dans ce penchant spontané qu’il faut réfréner pour n’avoir plus qu’un objectif: le destin commun dans le respect et la responsabilité.

    Aïcha DAR UMA (Facebook and @bydaruma on Twitter)

  • Aïcha DAR UMA  On February 2, 2011 at 12:13 pm

    DÉMOCRATIE ÉLECTIVE: la place des jeunes tunisiens

    La Tunisie a été marquée par une crise de la représentation, à l’instar d’autres pays, qui l’a menée jusqu’à l’insurrection. Le système présidentialiste poussé à outrance a bailloné les représentants élus (eux mêmes issus d’un même parti) et a démontré q…ue ces derniers se contentaient d’enregistrer les volontés du plus haut représentant de l’État. Les représentants nationaux ont perdu toute crédibilité face à leurs électeurs (contraints ou volontaires) du fait d’un fort sentiment de ces derniers de compromission des premiers. Les citoyens ont eu l’impression, parfois justifiée, que leurs représentants formaient avec le chef de l’État un groupe particulier, qui ne comptait plus les représenter et être au service de la nation mais au service de leurs propres intérêts particuliers. Ce rejet a frappé toute l’élite politique tant il était difficile de distinguer ceux dans son sein qui tentaient de sauvegarder les droits des citoyens malgré un cadre particulièrement difficile. La Tunisie a donné une impression prégnante d’avoir réduit le citoyen tunisien à se compromettre ou à se taire, et pour cause, on lui démontrait à l’envi que le silence était le minimum vital (arrestations arbitraires, mauvais traitements, contrôles intempestifs, muselage etc). De fait, le rejet des éléments au pouvoir a emporté celui des représentants nationaux et locaux soupçonnés d’avoir accepté si ce n’est collaboré avec ceux qui découpaient le pays en tranches alléchantes. Le citoyen se sentant méprisé mais obligé de voter, a choisi, et on le comprend, sa sécurité et celles de ses enfants et a voté pour ceux qui étaient déjà désignés. Cette sécurité est d’abord la première d’entre toutes: physique avant même la sécurité économique. Le clanisme a parachevé la crise représentative tant au niveau national qu’au niveau local, jusqu’au ras le bol exprimé soudainement et très fortement tant on avait tiré sur la corde du toujours plus pour un petit nombre avec pour corollaire fatal “encore moins” pour les plus démunis et les classes moyennes précarisées. L’assujettissement de tous a fini par se transformer et fédérer tous les tunisiens contre ceux qui s’étaient érigés en seigneurs face à des serfs. Aujourd’hui, une refonte totale est nécessaire et fort heureusement entamée. Il est impératif pour le gouvernement transitoire de rétablir la confiance et de restaurer les institutions représentatives dans leurs fonctions initiales. C’est là une énorme responsabilité et un travail difficile. Il faut remettre sur rail une économie qui a été viciée par le racket et les participations abusives de quelques uns quand ce n’était pas de simples spoliations; parallèlement, il est indispensable de rétablir les libertés et calmer la volonté d’en découdre de certains qui ont été trop longtemps frustrés et humiliés. La justice ne pourra s’exercer que lorsqu’elle aura été rendue véritablement crédible et sereine. La souveraineté revenue au peuple, il paraît évident que ce dernier se montrera méfiant pour la déléguer. Pourtant, il le lui faut. La démocratie est à ce prix, le pouvoir ne peut être exercé par chacun des citoyens. Les tunisiens doivent passer par une nouvelle confiance qui ne se fera qu’avec des gages très sérieux de la part du gouvernement de transition. Ces gages consistent à permettre la libre expression, à s’atteler à la refonte des institutions et au rétablissement d’une Justice et d’une Police qu’on a trop souvent vues plier plutôt que se démarquer. La Tunisie s’est engagée dans ce processus long et difficile. Il reste à organiser l’expression démocratique et la libre participation de tous. La jeunesse tunisienne, qui n’a jamais connu d’autre système politique que celui qu’elle a fini par mettre à terre dans un élan soutenu par ses aînés, est au premier rang. Après avoir utilisé des moyens de communication en réseaux pour des actions qui peuvent paraître futiles et dans lesquelles cette jeunesse se réfugiait, elle a réalisé avoir en mains un moyen formidable de mobilisations et d’échanges que ne maîtrisaient pas toujours leurs aînés, encore moins le pouvoir trop occupé à se trouver des marchés à capter. Les moyens de connexion des jeunes entre eux a été un vecteur extraordinaire de convergence vers une mutualisation des informations, des connaissances et des luttes. Les populations les moins aisées étaient aussi équipés. Pour exemple, le mobile est ainsi devenu un moyen de communiquer plus abordable que la téléphonie classique. La jeunesse doit à présent capitaliser cette conquête en s’organisant, en échangeant, en apprenant. Les moyens sont multiples, si elle veille à une libre expression de tous. Libre à elle d’organiser des groupes d’échanges et de partages ou des cafés politiques pour être force de proposition dans un pays où elle représente une forte proportion de la population. Son état de jeunesse doit la préserver cependant d’un prisme “jeuniste” qui pervertirait toute son action. L’élitisme représentatif de ses aînés lui a trop longtemps dénié toute consultation, toute prise en compte de ses préoccupations. Son émergence citoyenne peut lui conférer une crédibilité face à la crise de son pays dans un contexte de démocratie représentative qu’elle a appelé de ses voeux et qu’elle réussira à obtenir par un engagement citoyen.

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