L’ EVOLUTION DE LA REVOLUTION

Le résultat d’une révolution datant de plusieurs siècles est la violence, l’extrémisme, et la contre-révolution. Les Tunisiens, les Egyptiens, et bientôt, nous espérons, nos frères et soeurs du Maroc à l’Iraq, doivent apprendre à faire face aux conséquences du renversement d’une dictature, et doivent transformer cette sagesse en des actions capitales. La révolution française de 1789, les bolcheviks de 1917, la révolution iranienne de 1979, ou celle de l’Europe de l’Est dix ans plus tard, pour n’en citer que quelques-uns, pourraient fournir des idées que nous pouvons appliquer aujourd’hui pour tracer notre chemin loin de la violence, du chaos, et des actes de barbarie déchainés, comme a été récemment rapporté en Tunisie. 

La question avec laquelle la plupart des Tunisiens sont aux prises aujourd’hui est de savoir s’ils peuvent confier leur avenir au gouvernement intérimaire. C’est une question importante à poser puisque la plupart ou la totalité de ses membres aux niveaux national et régional tels que les ministres, les gouverneurs et les appareils de sécurité, ont été loyaux a l’ancien régime qui les payait grassement. Beaucoup vont profiter de la confusion et de la politique du manque de compréhension du public. La plupart s’enfonceront encore plus en rétablissant leur anciens réseaux de “quasi-mafia”. C’est la stratégie utilisée dans la phase posterieure aux élections Ukrainiennes de 2004. Les oligarques ont resté trop longtemps au pouvoir après les élections, ils ont profité de leurs racines profondément ancrées pour renforcer leurs pouvoirs, s’enrichir, et prolonger la misère de ceux qui n’ont pas de liens directs avec le régime. Je crains que ce scénario se répète alors que nous débattons ce qui est meilleur pour la Tunisie. Je demande que nous considérons tous les choix possibles se présentant à nous comme des citoyens de la Tunisie. Quels choix permettront d’éviter la violence et la corruption post-révolutionnaire, tout en garantissant les droits de tous ceux qui se sont révoltés?

Les Tunisiens ont besoin de rendre leur gouvernement intérimaire responsable de toutes ses décisions, par la transparence. Que ce soit pour discuter des incitations économiques, des allocations de chômage, s’occuper des prisonniers complices de l’ancien régime, ou de discuter d’une nouvelle constitution, il doit y avoir une équité envers les électeurs et une peur d’eux. La maniére le plus simple de rendre cela possible et de porter l’esprit de la révolution au sein des couloirs du Parlement serait de téléviser les débats politiques. Je n’ai jamais été convaincu par toutes les décisions qui se déroulent a huis clos. Il semble que l’équipe intérimaire est très sélective dans son partage de l’information. Il ya plus de questions que de réponses, en particulier en ce qui concerne la sécurité nationale et intérieure, et le sort de ces criminels en état d’arrestation. Pour que le public tunisien puisse faire confiance à ces politiciens, il existe de nombreuses questions a regler et a discuter en public. Quant à la sélection des personnes occupant certains postes puissants, le public doit être parfaitement informés sur les critères utilisés pour cette sélection, et les pouvoirs de ceux qui sont choisis ainsi que ceux qui sont refusés. La plupart des démocraties occidentales mènent des enquêtes approfondies sur les candidats, et ceux qui ont un passé douteux ou représentant un éventuel conflit d’intérêt ne sont pas considérés comme légitimes.

Le gouvernements intérimaire et ceux qui seront bientôt élus auront une tâche ardue a faire face. La Tunisie a besoin de beaucoup plus que des réformes politiques. Elle a besoin de sécurité, d’emploi et de ventres pleins. Résoudre un problème en oubliant un autre encouragera des troubles post révolutionnaires. La responsabilité de projeter la normalité est essentielle. Cela permettra d’atténuer toute préoccupation pour les autres qui considèrent la Tunisie comme lieu de vacances et d’investissement. Cela contribuerait grandement à mettre des milliers de gens au travail. Les lois du travail et le droit d’organiser une grève doivent être revus, révisés, surtout dans le cas des employés des entreprises, publics ou privés, fournissant des services essentiels. Les grèves récentes ont rien fait qu’aggraver et affaiblir une économie déjà très malade.

Les Tunisiens ont besoin de confier leur avenir et leur sort à un gouvernement représentatif qui a un projet d’un solide plan de travail économique, social et politique.

Tout d’abord, je vais me concentrer sur la stratégie économique, car aujourd’hui elle est la principale préoccupation de la plupart des Tunisiens, suivis de près par la réforme sociale. Je ne vais pas discuter de notre PIB ou service de la dette. Au lieu de cela, je vais proposer une approche ascendante dans la façon de répartir les ressources et mettre tous ceux qui sont prêts à retourner au travail, et remettre notre pays sur les rails. Ce sera le sujet de mon prochain post.

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Comments

  • nagati  On March 1, 2011 at 3:55 am

    Je suis tout à fait d’accord surtout en ce qui concerne les gréves et les manifestations qui offrent l’occasion aux fauteurs de trouble et qui poussent à aggraver la situation qui est déjà sur le schéma d’un vrai désastre et je parle précisément de l’économie du pays vu les pertes de liquidité à chaque agitation, le retard pour ne pas dire l’annulation des projets initiés par les multinationales, etc..et donc un appel sage et urgent à soutenir ce gouvernement qui devrait être sous contrôle me parait primordial à cette phase de transition.

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