UN TITANIC MADE IN TUNISIA

Lorsque le temps est mauvais et qu’un orage se prépare, je regarde vers l’horizon et je me dis que des jours ensoleillés sont à venir. Aujourd’hui je vous écris avec le cœur lourd. Je suis généralement une personne positive, cependant, j’ai du mal à garder le même état d’esprit durant cette période de transition politique que nous vivons en Tunisie. Plus de dix-huit mois se sont écoulés et nous sommes dans la plupart des cas, en train de régresser dans les affaires d’Etat et dans ce qui importe vraiment au Tunisien. Plus de dix-huit mois se sont écoulés, et le paysage politique est plein d’incertitude, de conflits internes, et d’intérêts personnels qui s’affrontent au détriment du progrès et de nos libertés.

 Alors que notre jasmin tombe en pourriture, que notre “printemps” arabe nous a quitté  et que la paresse estivale s’installe, je ne peux pas m’empêcher d’observer l’ensemble de nos dirigeants avec désespoir tout en espérant qu’il y ait des solutions qui nous propulsent vers l’avant.

 Alors que chaque jour s’enfuit, j’ai l’impression d’être devant un navire coincé dans les eaux profondes de l’océan. Et j’observe  nos dirigeants, et les vois faire tout sauf tenter de s’en sortir, et mon espoir se transforme lentement en peur et en incertitude.

La Tunisie ressemble de plus en plus au navire insubmersible qu’était le Titanic. En 1912, le monde entier le pensait trop grand, trop rapide et trop avancé technologiquement pour couler. Il en était de même pour notre révolution, les présidents et les nations se sont levés et ont applaudi. Dans mon université de Harvard, il y a eu une “standing ovation” au milieu de sa célèbre place Harvard. Aujourd’hui, nous avons presque honte de la politique de nos leaders et de l’image qu’ils nous attribuent aux yeux du monde entier.

 Il y a exactement 100 ans, le navire insubmersible n’a pas coulé à cause d’une mauvaise stratégie, d’une mauvaise technologie, ou des eaux difficiles. Il a coulé parce que son capitaine se reposait trop sur tout, sauf sur ses proches et son équipe. Il n’a pas tenu compte de ses limites, des compétences de son équipe, et n’a fait aucune préparation regardant les problèmes qui pourraient se poser lors du voyage. Mais surtout, en apprenant que le navire avait heurté l’iceberg, il n’a pas su quoi faire, ce qui a coûté  la vie à un très grand nombre de personnes.

 Nos dirigeants d’aujourd’hui, et je veux le dire clairement, dans le gouvernement d’abord et dans l’opposition ensuite, ne sont pas différents du capitaine Smith. Ils n’ont pas les compétences pour naviguer en eaux difficiles. Ils n’ont pas le bons sens d’inclure les autres dans les prises de décision, ni l’empathie pour communiquer avec ceux qui leur faisaient confiance pour les mener à bon port.

 C’est décourageant, attristant, et démoralisant de voir le parti au pouvoir tout faire pour consolider sa position, construire sa base, et se fortifier en vue de maintenir sa position sur le long terme. Pratique courante pour n’importe quel parti au pouvoir, certes; mais dans notre cas, elle se fait aux dépends de la population et du peuple pauvre auquel le parti avait promis de l’aide. Chaque aspect de nos vies a empiré depuis le 14 Janvier, et l’avenir dans les mains de ce parti est sombre au mieux.

 Il est tout aussi décevant de voir des partis d’opposition s’engager dans des querelles et luttes de pouvoir internes, alors qu’aucun d’entre eux ne s’est présenté pour être un concurrent viable dans les prochaines élections.

 Nous, le peuple Tunisien, sommes les véritables perdants dans tout cela !  Quelles possibilités avons-nous ? Comment pouvons-nous obliger les dirigeants à répondre à nos besoins au lieu des leurs ? Avons-nous le temps de changer les règles du jeu quelques mois seulement avant les prochaines élections ? Devons-nous tout simplement abandonner ces élections et se concentrer sur celles qui auront lieu dans cinq ans ?

 Je suis d’avis que ni le parti actuellement au pouvoir, ni l’opposition ne peuvent nous mener seuls sains et saufs au rivage. Qu’est-il arrivé à « tous pour un et un pour tous»? Des promesses n’ont-elles pas été faites, et un serment prêté devant Dieu ?

 Je suis convaincu que la seule solution que nous ayons est de nous réunir autour d’un objectif commun appelé « Tunisie ». Rien n’est plus important, ni plus valeureux que notre avenir et celui de nos enfants. Martin Luther King Jr a dit une fois : « Ne nous laissons pas plaire dans la vallée du désespoir. Nous  ferons face aux difficultés d’aujourd’hui et de demain, et je continuerais toujours à avoir un rêve », et je persisterais à avoir ce rêve d’une Tunisie meilleure, prospère, libre et démocratique.  

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