BCE – Discours d’investiture – a-t-il marqué?

Certains diront, et ils auraient probablement raison, que le discours d’investiture de BCE était loin d’être  le meilleur discours qu’il ait pu donner.

BCE

En essayant d’analyser la dernière allocution de BCE, et en partant des principes de base de rédaction de discours et de communication politiques  tout en gardant à l’esprit le contexte d’un tel événement, nous pourrons relever les points suivants:

  1. En termes decontenu: BCE a commencé son allocution avec des messages forts, marqués de clarté et de simplicité. Ceci est une bonne leçon pour les rédacteurs de discours amateurs qui tentent d’en dire trop et finissent par ne rien dire. Cependant, BCE manquait de maîtrise, il semblait lutter avec le texte préparé, et cela a bien amoché la cohérence du message véhiculé. Il parait  bien évident que Mr le Président ne s’est pas assez imprégné de son discours, ou alors il avait très peu de temps pour répéter ce qui était destiné être son discours le plus célèbre.
  2. BCE a prononcé un discours équilibré, en prenant le soin d’insister sur des points clés. Il s’est adressé aussi bien à ses amis qu’à ses ennemis. Il a excellé en remerciant les femmes dans leur rôle actif. Il a fait honneur à son statut en remerciant ceux qui ont voté pour son adversaire, en reconnaissant ceux dont les vies ont été prises trop tôt par ceux qui haïssaient la paix et en offrant un rameau d’olivier à ceux dont les idéologies pourrait être différentes de la sienne tout en assurant que leur soutien est indispensable pour l’avancement du pays. Il a assuré à ses partisans ainsi qu’à ses détracteurs, qu’il serait le président de tous les Tunisiens, et que l’unité nationale serait la carte gagnante pour mener la Tunisie à bon port.
  3. Citations percutantes et mémorables: C’est une marque de fabrique des discours de BCE qui a bien fait défaut cette fois. Dans son discours, BCE n’a pas mis l’accent sur les challenges qui nous guettent ni sur le manque de confiance qui sape le moral des Tunisiens. Il n’a fait aucune référence et n’a donné aucune assurance aux jeunes désespérés, ni à ceux qui peinent sous le seuil de la pauvreté, et qui sont devenus des pions politiques. En somme, ce speech manquait de “coup de poing” et d’appel à l’action, il manquait de l’esprit du “ask not what your country can do for you…” ou, “I have a dream”, ou encore “yes we can”. Je cherchais en vain un leader qui donnerait de la force à une époque troublée et de la sagesse à un avenir inconnu. Au lieu de cela, je n’ai entendu que des mots et des pensées non coordonnés, émanant d’un homme âgé peinant à garder sa lucidité, ce qui m’a remis à l’esprit les doutes émis pendant la campagne concernant sa fragilité physique. Néanmoins, j’étais rassuré par ses bonnes intentions et son désir du mieux de ce qu’il peut.
  4. Elaborer les contrastes et transporter les auditeurs: c’est là où BCE n’a pas assuré. Il a omis de nous peindre une image du pays que nous avons tous souhaité avoir, la Tunisie unie, pacifique harmonieuse, et autonome, où les rêves peuvent devenir réalité pour tous ses citoyens, contrairement à celle où nous avions vécu pendant les 4 dernières années , où beaucoup de ces rêves semblaient se dissiper et se faner. Le discours du président n’a pas réussi à nous inspirer ni à nous motiver pour que chacun de son côté fasse de son mieux pour transformer ce pays. Durant la campagne, BCE n’a cessé d’emprunter l’image de Bourguiba, mais à la 1ère épreuve à “statut” égal, Béji a montré qu’il lui reste du chemin pour devenir un Bourguiba.

Sur la prestation et la performance technique, je crois que BCE a échoué dans cet événement historique mémorable. Il était très mal à l’aise avec la “mise en scène”, ce serait peut-être à cause de la maladie, du froid, ou encore d’un long parcours de campagne électorale épuisante, mais le fait est que tout ce qui a caractérisé les discours de BCE au cours des 2 dernières années, manquait à sa 1ère allocution en tant que président. Nous sommes restés sur notre faim, car nous attendions le Béji éloquent, fort, spontané, charismatique, aux yeux perçants, le maître de la parole tranchante qui vous fait languir pour ses discours interminables Il est clair que BCE se sent plus dans son élément lorsqu’il est en  free-lance, c’est là qu’il peut parfumer sa prestation avec des anecdotes et des versets coraniques, quoique souvent hors contexte.

https://lotfisaibi.wordpress.com/2015/01/01/beji-caid-essebsi-speech-writing-and-communication-lessons/

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